Comme un lion, Satan cherche à nous dévorer.
 

« Soyez sobres, veillez. Votre adversaire, le diable, rôde comme un lion rugissant, cherchant qui il dévorera. Résistez-lui avec une foi ferme, sachant que les mêmes souffrances sont imposées à vos frères dans le monde. » ( 1 Pierre 5 :8-9).

Si vous êtes un membre du corps de Christ, soyez prêt à affronter un diable fou. Vous voudrez peut-être ne pas y penser ou même l'accepter, mais si vous avez déterminé de suivre de suivre Jésus de tout votre cœur, Satan vous a marqué du sceau de la destruction. Et il va inonder votre vie de troubles de tous genres.

L'apôtre Paul nous prévient : « La fin de toute chose est proche. Soyez donc sages et sobres, pour vaquer à la prière. » (4 :7) En d'autres mots, il dit : « Ce n'est pas le moment d'être légers. Vous devez être sobres d'esprit à propos des affaires spirituelles. C'est une question de vie ou de mort. »

Pourquoi est-il besoin d'être si sérieux ? La fin des temps est proche et notre ennemi a monté le chauffage. Il nous traque comme un lion, se cachant dans les herbes hautes, attendant l'occasion de bondir. Il veut nous dévorer, pour totalement détruire notre foi en Christ.

Certains chrétiens disent que nous ne devrions même pas parler du diable, qu'il vaudrait mieux l'ignorer. D'autres essaient de dénier son existence. Par exemple, des théologiens libéraux argumentent qu'il n'y a pas de diable, pas d'enfer, pas de ciel.

Mais l'ennemi de nos âmes ne va pas simplement s'enfuir. Peu de personnages bibliques ont été identifiés si clairement et si intensément. Il est décrit comme Lucifer, Satan, le diable, le trompeur, le gêneur, le mauvais, l'usurpateur, l'imposteur, l'accusateur, le dévoreur, le dieu de ce monde, le prince des ténèbres, le serpent ancien.

Ces descriptions emphatiques me disent que le diable est réel. Et nous savons de par les Ecritures qu'il possède un vrai pouvoir. Il est même en ce moment à l'œuvre sur terre : dans nos pays, nos villes, nos églises, nos maisons et nos vies individuelles. Et nous ne devons pas ignorer ses méthodes et ses stratégies de combat contre nous.

L'apôtre Paul nous dit que tout au long de l'histoire que le diable nous a déclaré la guerre trois fois.

Apocalypse 12 décrit trois occasions où Satan nous a déclaré la guerre :

1. Il a d'abord déclaré la guerre contre le Dieu Tout Puissant lui-même. Jean écrit :

« Et il y eut guerre dans le ciel. Michel et ses anges combattirent contre le dragon. Et le dragon et ses anges combattirent, mais ils ne furent pas les plus forts, et leur place ne fut plus trouvée dans le ciel. Et il fut précipité, le grand dragon, le serpent ancien, appelé le diable et Satan, celui qui séduit toute la terre, il fut précipité sur la terre, et ses anges furent précipités avec lui. » (Apocalypse 12 :7-9)

Ce passage rappelle le moment où dans le ciel Satan se rebella contre l'autorité suprême de Dieu. En ce temps-là, il était connu en tant que Lucifer, un ange possédant une grande autorité. Mais Lucifer voulait aussi être comme Dieu. Alors, enrôlant un tiers des anges, il s'éleva contre le Tout Puissant.

Mais Dieu chassa Lucifer hors du paradis, ainsi que tous les autres anges rebelles. Les cieux se réjouirent de la victoire. Le diable avait perdu la guerre, ainsi que sa place dans le ciel.

2. Satan vaincu déclara alors sa deuxième guerre : celle-ci contre le Fils de Dieu, Jésus-Christ. Jean écrit :

« Un grand signe apparut dans le ciel : une femme enveloppée du soleil, la lune sous ses pieds, et une couronne de douze étoiles sur sa tête. Elle était enceinte, et elle criait, étant en travail et dans les douleurs de l'enfantement.

Un autre signe parut encore dans le ciel ; et voici, c'était le grand dragon rouge, ayant sept têtes et dix cornes, et sur ses têtes sept diadèmes. Sa queue entraînait le tiers des étoiles du ciel, et les jetait sur la terre. Le dragon se tint devant la femme qui allait enfanter, afin de dévorer son enfant, lorsqu'elle aurait enfanté. » (Apocalypse 12 :1-4)

Satan savait qu'une incroyable église était sur le point de jaillir des vestiges de l'Ancien Testament. Ce serait un corps glorieux, revêtu du soleil de la justice. Alors le diable déclara la guerre à nouveau, prétextant que maintenant il pourrait combattre sur son propre territoire, la terre.

Ce passage suggère que Satan savait qu'il ne pourrait atteindre l'enfant dans le sein de Marie. Alors il détermina de détruire Christ dès sa naissance. Il rassembla toutes ses forces démoniaques autour de Bethléem, envoyant des esprits trompeurs pour aveugler les scribes, les sacrificateurs et les Pharisiens. Ensuite, son propre esprit entra dans le roi Hérode, le possédant ainsi. Si Satan ne pouvait pas lui-même tuer Christ, il avait un homme prêt à le faire pour lui.

Mais les armées du Seigneur composées d'anges célestes montaient la garde auprès de l'enfant, afin que Satan ne puisse l'atteindre. Le diable dut attendre trente ans pour essayer de dévorer Christ.

Il vit sa chance suivante au début du ministère de Jésus, quand le Saint Esprit déclara qu'Il était le Messie. A ce moment-là, Satan conduisit Christ dans le désert pour être tenté. Cependant, Jésus l'a à nouveau battu. Dieu protégea encore une fois son fils, envoyant des anges pour le servir dans ce temps de faiblesse physique.

Le diable essaya une dernière fois de dévorer Christ. Cette fois-ci, il rassembla ses forces pour tenter de tuer Jésus par la crucifixion et de le chasser dans la tombe. Il envoya des esprits démoniaques pour susciter une émeute, entrant dans le corps de sacrificateurs, de soldats, de responsables politiques et de faux témoins ; Finalement, Satan pensa qu'il avait atteint son heure de gloire. Il allait maintenant entamer une guerre totale.

Cependant, vous connaissez le reste de l'histoire : le jour de la résurrection fut pour Satan celui de sa défaite la plus humiliante. Quand Jésus fut élevé au ciel, Il devint à jamais hors d'atteinte du diable. « Et son enfant fut enlevé vers Dieu et vers son trône. » (Apocalypse 12 :5) Tout l'enfer trembla parce que Satan avait encore perdu. Même en utilisant tout son pouvoir, il ne pouvait toujours pas vaincre le fils de Dieu.

3. Le diable déclara sa troisième et dernière guerre contre la postérité de Christ. Cela signifie qu'il est en guerre contre tout véritable croyant sur terre. Jean écrit :

« Quand le dragon vit qu'il avait été précipité sur la terre, il poursuivit la femme qui avait enfanté l'enfant mâle. » ( verset 13) « Et le dragon fut irrité contre la femme, et il s'en alla faire la guerre aux restes de sa postérité, à ceux qui gardent les commandements de Dieu et qui ont le témoignage de Jésus Christ. » ( verset 17)

Satan retourna sa colère contre l'église de Jésus Christ. Et il réserva le plus fort de sa rage contre les croyants qui gardent les commandements de Dieu et qui Lui font confiance.

Le diable sait que cette guerre est sa dernière chance, parce qu'il ne reste qu'un temps assez court avant que Christ ne vienne rechercher Son épouse. « …sachant qu'il a peu de temps. » ( verset 12). La guerre de Satan contre l'église est donc la plus intense de toutes. Il veut regagner le terrain qu'il a perdu contre Christ. Il n'arrêtera devant rien pour détruire la foi de l'épouse. Cela veut dire qu'il va utiliser toutes ses armes contre nous, toutes ses subtilités, ses tromperies et ses moyens.

 

J'ai prié avec zèle pour une révélation sur l'horrible guerre spirituelle que nous menons contre notre adversaire.

Quand j'étais un jeune prêtre, je n'accordais pas trop de réflexion sur le sujet du combat spirituel. Je pensais que quiconque marchait avec le Christ ne devait avoir aucun problème avec le diable. Pour moi, il suffisait simplement de lui résister. Mais rapidement j'ai découvert un lion rugissant traquant mes faiblesses de toutes ses forces, et je me suis senti incapable de lutter avec lui.

Bien trop souvent je vois le diable agir de même avec d'autres chrétiens sincères. Je connais une multitude de serviteurs pieux, des personnes au cœur pur, marchant dans la grâce, qui ont été soudainement submergés par des flots démoniaques de confusion et de désespoir.

De tels chrétiens peuvent travailler avec zèle pour le Seigneur pendant des années. Puis, un jour, Satan injecte des pensées accusatrices dans leurs esprits. Et en l'espace d'une nuit, ils sont submergés par des troubles terribles, des tentations inattendues, de la convoitise, de la dépression. Leurs combats sont si profonds, si étranges et mystérieux que ces saints n'ont aucune idée d'où ils proviennent.

Je crois qu'il n'y a qu'une explication : leurs troubles sont un assaut démoniaque. Combien de fois j'ai vu ces choses se produire chez des chrétiens qui progressent par bonds. C'est au sommet de leur progression spirituelle que Satan place une vieille séduction sur leur chemin. Cela peut être une ancienne convoitise, quelque chose qu'ils pensent avoir surmonté depuis des années. Mais à présent, après des années de vie dans la victoire, ils marchent sur une corde raide, chancelant sous l'attaque d'une indulgence qui pourrait les ramener dans un terrible esclavage

 « J'ai soixante  cinq ans, et les membres de ma congrégation me reconnaissent comme un homme de prière. Mais maintenant, venant d'on ne sait où, des pensées mauvaises ont commencé à m'accuser. Je connais une convoitise comme je n'en ai jamais connu dans ma vie.

Je n'ai pas succombé à la tentation. Mais j'ai été dans un continuel combat depuis des mois et des mois. Je sais que c'est une attaque de l'ennemi. Il veut détruire le ministère dans lequel Dieu me fait prospérer. Priez pour moi s'il vous plaît. » Je crois que Satan tentait de dévorer ce cher saint de Dieu.

Des mariages chrétiens sont en ce moment sous des attaques comme ils ne l'ont jamais été auparavant, on marie des personnes du même sexe, on fait adopter des enfants à des couples homo, tu tue dans le ventre de la mère….

Jour après jour, Satan avec d'autres pensées accusatrices : « Tu as échoué dans ton rôle de parent. Tu ne peux rien faire de bien. Tu ne connais pas Dieu intimement. Tu es un hypocrite. Tu n'es pas ce que les autres pensent que tu es. Tu es un pauvre exemple de ce que doit être un époux chrétien. »

Bien-aimés, ce qui se passe dans cette relation ne peut être diagnostiqué par un conseiller, un pasteur ou un psychologue. Personne ne peut comprendre cet esprit destructeur qui menace ce mariage. Pourquoi ? Il est surnaturel, démoniaque, une attaque directe de l'enfer. Satan est en guerre contre toute maison dont Jésus est le Seigneur. Et il ne prendra aucun repos avant qu'il ne fasse tout ce qu'il peut pour dévorer, et apporter la ruine et le chaos.

Tous ces combats, ces troubles et ces tentations sont connus comme le fleuve du diable. Jean écrit : « Et, de sa bouche, le serpent lança de l'eau comme un fleuve derrière la femme, afin de l'entraîner par le fleuve. » ( Apocalypse 12 :15). Esaïe avertit également que Satan enverrait un fleuve contre tous ceux qui « craindront le nom du Seigneur… l'ennemi viendra comme un fleuve. » (Esaïe 59 :19)

J'ai expérimenté ce fleuve. Et une multitude de chrétiens se trouve prise dedans en ce moment même. Ils sont submergés par des persécutions, des attaques physiques, un harcèlement moral, de féroces tentations et des convoitises de l'enfer, des amis qui se retournent contre eux comme des ennemis. Satan a projeté un assaut final dans les derniers temps afin de nous détruire de façon désespérée.

 

Pourquoi le diable attaque-t-il le juste avec tant de férocité ?

Lucifer déclare la guerre à Dieu, il s'est rebellé contre la parole du Tout Puissant.

Vous devez comprendre : la parole de Dieu est sa puissance. Par elle, Il créa les mondes. Et par elle, le soleil, la lune et les étoiles furent mis en place. Sa parole créa toute chose et elle continue de donner la vie. Et par elle Dieu abaissa des rois et éleva des nations. Par elle, Il bénit et sauve, juge et détruit.

Le but de Satan est toujours de tenter le peuple de Dieu à se rebeller contre Sa parole. Il planta des pensées de rébellion dans Adam et Eve, les conduisant ainsi à raisonner : « Je sais ce que Dieu a dit. Mais je vais agir selon ma propre volonté. » Ces pensées causèrent la chute de l'humanité.

Satan réussit également à planter des graines de rébellions dans le peuple élu de Dieu, Israël. Le Psalmiste dit qu'Israël était « une race indocile et rebelle, une race dont le cœur n'était pas ferme, et dont l'esprit n'était pas fidèle à Dieu. » ( Psaume 78 :8) Les Ecritures disent aussi d'Israël : « Mais vous ne voulûtes point y monter, et vous fûtes rebelles à l'ordre de l'Eternel, votre Dieu. » (Deutéronome 1 :26)

Satan va également essayer de vous faire vous rebeller contre la parole de Dieu. Il sait qu'il ne peut pas vous atteindre par des tentations criantes. Alors, il va injecter des séductions subtiles dans vos esprits, en inondant vos vies de douleurs, de combats, de luttes. Et il essayera de bloquer les bénédictions de Dieu dans votre vie, tout comme il gêna Paul dans son ministère.

 

Je veux vous donner quatre exemples sur la façon dont Satan peut s'accaparer du terrain dans vos vies.

 

1. St Paul dans sa lettre aux Hébreux nous dit : « N'abandonnons pas notre assemblée, comme c'est la coutume de quelques-uns ; mais exhortons-nous réciproquement, et cela d'autant plus que vous voyez s'approcher le jour. » ( Hébreux 10 : 25)

Vous pouvez être véritablement une merveilleuse personne, gentille, attentionnée et généreuse. Mais, si vous lisez cette parole des Hébreux et que vous l'ignorez délibérément, vous donnez du terrain à Satan. Si semaine après semaine, vous restez dans votre lit le dimanche matin au lieu de venir dans la maison de Dieu pour être incité à la justice, vous avez donné au trompeur une place dans votre cœur. Tout comme Ananias et Saphira, vous avez retenu une partie du prix.

Le verset suivant décrit le jugement que nous encourrons pour avoir négliger un seul domaine de la Parole de Dieu : « Car, si nous péchons volontairement après avoir reçu la connaissance de la vérité, il ne reste plus de sacrifice pour les péchés, mais une attente terrible du jugement et l'ardeur d'un feu qui dévorera les rebelles. » (versets 26-27)

2. Jésus nous dit : « Si vous pardonnez aux hommes leurs offenses, votre Père céleste vous pardonnera aussi ; mais si vous ne pardonnez pas aux hommes, votre Père ne vous pardonnera pas non plus vos offenses. » ( Matthieu 6 :14-15)

Le Christ nous avertit : « Vous pouvez être obéissant dans tous les autres domaines de votre vie, pieux, dévoué et fidèle. Mais si vous ne pardonnez pas à quelqu'un, alors vos propres péchés s'accumulent en votre défaveur, car ils ne seront pas pardonnés par le Père. »

Ne pas pardonner fait de vous un plus grand débiteur que celui qui a péché contre vous. Cette personne peut s'être déjà repentie et avoir été pardonnée par le Seigneur. Mais si vous vous accrochez à votre blessure, vous lui demandez un prix que Jésus a déjà payé. Et vous ne pouvez demander cela à qui que ce soit.

Cependant, le véritable danger du manque de pardon est que vous ouvrez vos cœurs à l'intrusion du Diable. L'ennemi investit cette petite parcelle de terrain, il s'y établit et il commence à vous dévorer.

3. St Jacques nous dit : « Mais si vous avez dans votre cœur un zèle amer et un esprit de dispute, ne vous glorifiez pas et ne mentez pas contre la vérité. Cette sagesse n'est point celle qui vient d'en haut ; mais elle est terrestre, charnelle, diabolique. Car là où il y a un zèle amer et un esprit de dispute, il y a du désordre et toutes sortes de mauvaises actions. » ( Jacques 3 :14-16).

Remarquez à qui St Jacques s'adresse ici. Dans le verset 13, il dit : « Lequel d'entre vous est sage et intelligent ? » Il nous dit : « Vous pouvez avoir une grande sagesse et un grande intelligence spirituelles. Mais s'il y a de l'amertume dans votre maison, des conflits dans votre cœur, de l'envie à votre travail, ne pensez pas que vous êtes spirituel. Vous êtes sous une désillusion trompeuse. »

Quand St Jacques parle de dispute et d'amertume, il parle de querelle et de critique. Et il dit que tout cela est diabolique, charnel, l'œuvre du diable. En résumé, celui qui retient de l'amertume cause des disputes, pire encore, il ouvre son cœur à la possession démoniaque.

Connaissez-vous des personnes dont l'amertume a conduit à des possession démoniaques ? Avec le temps, leur aspect extérieur commence à exprimer les ténèbres qu'ils ont à l'intérieur. Eventuellement, leurs corps commencent à se dégrader, devenant malades et fébriles, et elles souffrent de déséquilibres mentaux. Partout où le diable gagne du terrain, il œuvre pour une destruction totale.

Alors allez -y, retenez votre rancune. Gardez votre amertume. Continuez à provoquer des disputes. En agissant ainsi, vous serez en totale rébellion contre Dieu et Sa parole. Et vous ouvrirez une porte pour Satan. Vous deviendrez spirituellement aveugle et votre cœur sera endurci.

D'un autre côté, si vous êtes spirituel, volontairement obéissant à la Parole de Dieu, alors peu importe la façon dont on vous blessera, vous démontrerez la sagesse pacifique de la bonté en pardonnant.

 

Quel genre de défense avons-nous contre le Dévoreur ?

 

Si vous demandez à un chrétien comment combattre avec le diable, il vous récitera probablement St Jacques 4 :7 : « Résistez au diable et il fuira loin de vous. » Mais que veut dire St Jacques par résister ? Comment résistons-nous à la puissance de Satan ?

St Jean nous donne la réponse dans Apocalypse 12 : « Ils l'ont vaincu à cause du sang de l'agneau et à cause de la parole de leur témoignage. » ( Apocalypse 12 :11) Quand vous entendez le rugissement du lion, quand le fleuve s'abat et que vous être submergé, tournez-vous simplement vers le Saint des saints. Par la foi, entrez dans la présence de Dieu, à Son trône, parce que l'agneau vous a préparé un chemin, par son sang.

« Ainsi donc, frères, puisque nous avons, au moyen du sang de Jésus, une libre entrée dans le sanctuaire par la route nouvelle et vivante qu'il a inaugurée pour nous au travers du voile, c'est-à-dire, de sa chair. » ( Hébreux 10 :19-20).

Quand vous êtes seul en prière avec Dieu, vous êtes totalement immunisé contre les ruses du diable. Alors venez à son trône avec foi, invoquez-Le, et tenez-vous sous la puissance du sang de Christ.

St Jean écrit ensuite : « Et les deux ailes du grand aigle furent données à la femme, afin qu'elle s'envolât au désert, vers son lieu, où elle est nourrit un temps. » (Apocalypse 12 :14) Je crois que les deux ailes de l'aigle mentionnées ici sont les paroles de Dieu dans l'Ancien et le Nouveau Testaments. Il nous les a données pour nous amener à un lieu de ravitaillement, afin que lorsque le diable s'approchera de nous, nous soyons capables de fuir loin de lui sur les ailes de la parole de Dieu.

L'apôtre St Paul emploie également le mot nourrir, en écrivant : « nourri des paroles de la foi et de la bonne doctrine » (1 Timothée 4 :6) Le mot grec pour nourrir signifie ici éduquer. Paul parle d'être éduqué par les écritures, dans la connaissance de la Parole de Dieu.

Jésus est notre exemple ici. Quand il résista à la tentation en employant la Parole de Dieu, le diable fuit. Pourquoi ? La vérité révéla Satan, lui faisant honte. Et Hébreux dit que tous ceux qui ont cru dans la Parole de Dieu « par la foi, vainquirent des royaumes, exercèrent la justice, obtinrent des promesses, fermèrent la gueule des lions. » ( Hébreux 11 :33) Nous muselons les puissances de l'enfer en nous tenant fermes sur la Parole de Dieu.

Alors, quand vous entendez le rugissement du lion, prosternez-vous devant le Père. Et immergez-vous dans Sa Parole. Les ailes de l'aigle vous porteront au-dessus de ce flot impétueux de la tentation.

Les épîtres ont été écrites par les apôtres, divinement inspirés, conduits par l’Esprit Saint. C’est ce qui donne toute leur autorité à leur enseignement, de la puissance à leurs exhortations. Nous recevons ainsi enseignement et exhortations comme venant de Dieu lui-même. Les Thessaloniciens l’avaient bien compris puisque l’apôtre Paul leur écrit : « ayant reçu de nous la parole de la prédication qui est de Dieu, vous avez accepté, non la parole des hommes, mais (ainsi qu’elle l’est véritablement) la parole de Dieu, laquelle aussi opère en vous qui croyez » (1 Thess. 2:13).

 

1. Satan un adversaire dangereux
Dans nombre de cas, les apôtres ont éprouvé pour eux-mêmes la valeur des exhortations qu’ils sont conduits à présenter, ils en ont mesuré toute l’importance. Si, par exemple, l’apôtre Pierre peut écrire : « Soyez sobres, veillez ; votre adversaire, le diable, comme un lion rugissant, rôde autour de vous, cherchant qui il pourra dévorer » (1 Pierre 5:8), c’est parce qu’il a expérimenté la puissance de Satan et compris la nécessité de veiller afin d’éviter ses pièges. Celui qui, sous la direction du Saint Esprit, nous adresse cette pressante exhortation, c’est le disciple que Satan avait demandé à avoir pour le « cribler comme le blé ». Quel souvenir il conserve du chemin douloureux par lequel il est passé, des larmes amères qu’il a dû verser après avoir renié son Maître ! — Aussi, cette exhortation acquiert-elle, sous sa plume, une force particulière. « Une fois revenu », il peut « fortifier ses frères », les mettre en garde ; il connaît le danger, il en mesure la gravité et l’expérience qu’il a faite lui permet de dire, avec d’autant plus de force : veillez, l’adversaire est toujours là, il rôde autour de vous, il cherche à vous dévorer. Veillez ! Résistez-lui !

 

2. Satan s’adresse à la chair
Dans le récit que nous rapportent les versets 31 et 32 du chapitre 22 de Luc, le Seigneur appelle Pierre par le nom qu’il avait reçu à sa naissance : « Simon, Simon... » — Simon, c’est l’homme inconverti, la vieille nature ; Pierre, c’est, chez le croyant, le nouvel homme (cf. Jean 1:41 à 43). Pierre était un homme converti, mais la vieille nature est toujours dans le croyant et c’est à la vieille nature que Satan s’adresse pour faire broncher un racheté de Christ. Satan ne peut tenter le nouvel homme : « quiconque est né de Dieu ne pratique pas le péché, car la semence de Dieu demeure en lui, et il ne peut pas pécher, parce qu’il est né de Dieu » — « Nous savons que quiconque est né de Dieu ne pèche pas, mais celui qui est né de Dieu se conserve lui-même, et le méchant ne le touche pas » (1 Jean 3:9 ; 5:18). Ces deux passages nous enseignent que la nouvelle nature, nature divine, ne peut accomplir un acte opposé à la volonté de Dieu, elle ne peut pas pécher. Ce n’est donc pas à la nouvelle nature que Satan s’adresse pour faire tomber un croyant, c’est la chair qu’il s’efforce de mettre en activité.

Au verset 34, le Seigneur emploie le nom de Pierre, sans doute comme pour dire à son disciple : toi, passé de la mort à la vie, né de nouveau, tu vas me renier ! C’est un enfant de Dieu, possédant la vie divine, qui peut aller jusqu’à renier le Seigneur ! — Mais, ce n’est pas l’action de la vie divine en lui qui l’amène à cela, c’est l’énergie du vieil homme. Aussi, c’est au vieil homme que le Seigneur s’adresse au verset 32. Le nom de Simon constitue là comme un avertissement et, l’avertissement est répété pour en accentuer le sérieux : « Simon, Simon... ». C’était dire : toi en qui est toujours la vieille nature, prends garde ! — celui qui cherche ta perte va essayer de la faire agir pour arriver à ses fins.

 

3. Un crible pour tous, spécialement pour Pierre
Satan avait autrefois demandé à « cribler » Job (Job 1:9 à 11 ; 2:5). Ici, il demande à cribler les disciples, tous les disciples et non pas Pierre seulement. Tous avaient suivi le Seigneur et s’étaient attachés à Lui, espérant qu’Il allait « délivrer Israël » (Luc 24:21). Mais le moment n’était pas encore venu où le règne pourrait être établi ; bien au contraire, le Seigneur allait être élevé sur une croix. Pour les disciples, ce serait donc une douloureuse épreuve, l’anéantissement de leurs espérances, le « crible ». Comment traverseraient-ils les circonstances qui étaient devant eux ? Satan allait s’en servir — il l’avait « demandé » — pour essayer d’ébranler leur foi, de la renverser... quelle victoire il eût remportée, s’il avait pu réussir dans son dessein !

Mais, bien que Satan ait demandé à « avoir » tous les disciples pour les « cribler comme le blé », le Seigneur s’adresse à Pierre seul. Il savait qu’il était celui qui, de tous, courrait le plus de dangers. Pierre aimait le Seigneur d’un tel amour qu’il pensait pouvoir affronter l’épreuve, sûr du triomphe ! Au fond, ce n’était que confiance en soi, confiance en la chair, bien que ce fût la chair sous son plus bel aspect. Pierre avait besoin d’apprendre ce qu’est la chair ; il fallait qu’il apprît à se connaître.

 

4. Ce qui s’oppose à Satan
Le « mais » qui commence le verset 32 indique le contraste avec ce qui précède.

 

4.1   L’amour du Seigneur
v. 31. « Satan » : menteur et meurtrier dès le commencement, ennemi rusé, lion rugissant qui rôde autour de nous, cherchant qui il pourra dévorer. — v. 32. « Mais moi... » : Celui qui aime ses rachetés, le bon Berger qui a mis sa vie pour ses brebis, les porte sur ses épaules et sur son cœur, le Souverain Sacrificateur qui est à même de secourir ceux qui sont tentés. D’un côté, toute la haine de Satan ; de l’autre tout l’amour du Seigneur !

 

4.2   Prières du Seigneur pour que la foi ne défaille pas
v. 31. « ... a demandé ». — v. 32. « ... j’ai prié ». Satan a demandé, il ne peut agir sans la permission divine. Et, en demandant, nous savons quel but il poursuit... Le Seigneur a prié pour son disciple. Sans doute, une prière est une demande, mais « prier » est tellement plus fort que « demander » !

— Le Seigneur prie avec instance pour les siens — pour tous les siens (« c’est Christ qui est mort, mais plutôt qui est aussi ressuscité, qui est aussi à la droite de Dieu, qui aussi intercède pour nous » — Rom. 8:34) et pour chacun des siens (« J’ai prié pour toi » — Luc 22:32), pour tous ensemble et pour chacun en particulier. Dans nos difficultés, dans nos épreuves, il est réconfortant d’entendre la voix de Celui qui nous dit, comme à Pierre autrefois : « J’ai prié pour toi ». Pour toi qui es cher à mon cœur, que je connais par nom... Peut-être ne sais-tu pas encore par quel chemin tu auras à passer, « mais moi » je le sais et « j’ai prié pour toi » ! — Pierre ignorait tout des circonstances qui allaient être les siennes, mais le Seigneur en avait la pleine connaissance et Il avait prié pour son disciple.

v. 31. « pour vous cribler comme le blé ». — v. 32, « afin que ta foi ne défaille pas ». Quel contraste, là encore, entre l’objet de la « demande » et celui de la « prière » ! Satan demande à Dieu la permission d’agir à l’égard des rachetés du Seigneur afin de les amener à perdre toute confiance en Celui qui les a sauvés, à douter de son amour ; c’était déjà son travail dès le commencement (Genèse 3:1, 4, 5) ; il veut les éloigner de Christ et ainsi les faire tomber. Le Seigneur prie pour celui qui est tout spécialement en danger devant les assauts de l’adversaire, « afin que sa foi ne défaille pas » ; Il intercède pour que sa confiance en Lui et en son amour soit maintenue au travers de tout.

 

4.3. Retour possible après la chute
La parole qui termine le verset 32 était bien de nature à fortifier la foi du disciple pour lequel le Seigneur avait prié ! « Quand une fois tu seras revenu », c’était la certitude d’une pleine restauration après la chute, — « fortifie tes frères », c’était l’assurance qu’un service serait ensuite confié à Pierre restauré, malgré cette chute. Lorsque, par sa chute, il aurait appris à se connaître, quand il aurait perdu toute confiance en lui, il serait conduit à ne compter que sur le Seigneur et, ainsi, rendu capable de « fortifier ses frères ». Le Seigneur l’emploierait à son service ; les expériences faites sous le « crible » seraient, plus tard, utiles à ses frères. Il pourrait leur montrer ce qu’est la chair et leur dire ce sur quoi il convient de s’appuyer pour suivre Christ et le servir. Il demeurerait — il demeure encore aujourd’hui pour nous — un vivant exemple de l’opération de la grâce divine qui relève, encourage et restaure entièrement. Après avoir renié le Seigneur, il eût dû être renié par Lui, car le Seigneur est fidèle à son caractère immuable aussi bien qu’à ses promesses (2 Tim. 2:12). Mais la grâce est souveraine et Pierre y a fait appel par les larmes de la repentance. Le méchant a accompli « une œuvre trompeuse » (Prov. 11:18) : de sa chute, Pierre, par la prière du Seigneur et l’opération de sa grâce, sortira fortifié. Il aura appris, d’une part, ce qu’est la chair, d’autre part, ce qu’est la grâce divine.

 5. Veiller

Notre adversaire, le diable, est toujours le même ; il n’a pas désarmé et sans doute est-il d’autant plus actif, multipliant ses artifices, qu’il sait qu’il a peu de temps. Par des moyens nombreux et variés, adaptés à l’état et aux tendances de chacun des croyants, il agit en vue d’un but qui ne change pas. Nous avons besoin de « veiller », et celui qui nous adresse cette exhortation, conduit par l’Esprit de Dieu, sait combien elle est nécessaire après l’expérience qu’il a faite ! Écoutons le Seigneur nous dire comme à son disciple : « Simon, Simon... ». En nous-mêmes, nous n’avons pas plus de force que lui pour résister à l’adversaire ! Que ferions-nous si nous ne pouvions regarder à Celui qui prie et intercède en faveur de chacun des siens et qui nous dit aussi : « Mais moi, j’ai prié pour toi... » ? Veillons, comptant sur notre seule ressource : la puissance de son incessante intercession.

 6. Revêtir l’armure

C’est en comptant sur Celui qui nous porte sur son cœur, priant sans cesse pour nous, que nous pourrons réaliser l’exhortation qu’adresse ensuite l’apôtre Pierre : « Résistez-lui, étant fermes dans la foi » (1 Pierre 5:9). Pour résister à l’adversaire — c’est ici le côté de notre responsabilité — nous avons besoin de revêtir « l’armure complète de Dieu » (Éph. 6. 13 à 18). Dans le passage considéré de sa première épître, l’apôtre Pierre ne mentionne qu’une pièce de cette armure, « le bouclier de la foi ». Il y a, semble-t-il, deux raisons à cela. En premier lieu, c’est la plus importante de toutes les armes défensives : « par dessus tout, prenant le bouclier de la foi par lequel vous pourrez éteindre tous les dards enflammés du méchant... » (Éph. 6:16). La foi ne se confie pas en l’homme, elle ne compte pas sur la chair, mais sur Dieu seul — elle s’attache à Lui. Ensuite, cette arme est particulièrement en rapport avec l’histoire de Pierre, avec les expériences qu’il avait faites lors de sa chute. Il avait eu affaire à la puissance de l’adversaire ; qu’il s’agisse du « lion rugissant » ou de celui qui lance ses « dards enflammés », il faut la foi pour lui résister. Pierre avait appris cette leçon ; il avait appris à se défier de lui-même et à connaître la grâce de Dieu. Et le Seigneur avait prié pour que « sa foi » ne défaille point.

 

7. Gardés par la puissance de Dieu, … par la foi
Pierre a fait une chute douloureuse. Si le récit nous en est rapporté et si nous pouvons en dégager d’utiles enseignements, ce n’est pas pour que nous fassions nécessairement les mêmes expériences dans des circonstances identiques ! C’est pour nous avertir, pour nous mettre en garde, c’est afin que nous ne tombions jamais ! Certes, la puissance de Dieu est en activité pour nous tenir debout ; l’apôtre Pierre nous l’assure lui-même : « vous, qui êtes gardés par la puissance de Dieu... » (1 Pierre 1:5). La puissance divine est infinie et nous sommes heureux de savoir que Dieu veut la déployer pour nous garder au milieu de ce monde, face à tous les assauts de l’adversaire. Mais n’oublions pas ce qui concerne notre responsabilité ! L’apôtre ajoute : « ... par la foi ». La puissance de Dieu est à la disposition de la foi. S’il est vrai qu’il faut toute la puissance de Dieu pour nous garder, il est vrai aussi qu’il faut « la foi ». La foi compte sur Dieu et se repose sur Lui, elle s’attache à Christ, Lui qui est l’objet de la foi. Nous comprenons ainsi combien il est nécessaire, si nous voulons être gardés, que nous demeurions près du Seigneur, que nous vivions près de Dieu, car il faut vivre près de Lui pour le connaître et il faut le connaître pour pouvoir se confier en Lui. Ne disons pas, quelle que soit notre conduite : nous pouvons aller sans crainte, la puissance de Dieu nous gardera. Ce serait l’ennemi qui nous le suggérerait afin d’avoir une proie plus facile ! Nous ne pouvons le dire que dans la mesure où nous vivons dans la dépendance du Seigneur, bien près de son cœur. Alors, oui, nous pouvons aller sans crainte, comptant que la puissance divine nous gardera. Mais, chaque fois que nous nous éloignons de Dieu, nous sommes en danger, en grand danger, car nous avons affaire à un adversaire très rusé, qui sait employer les artifices, lancer les « dards enflammés » les plus propres à nous faire tomber !

 

8. Vivre de Christ et près de Christ
Le « disciple que Jésus aimait » savait très bien qu’il n’était pas celui qui livrerait le Seigneur. Il était « dans le sein de Jésus... penché sur la poitrine de Jésus », là, il était certain qu’il était bien gardé et que l’adversaire n’aurait aucune prise sur lui ! (Jean 13:21 à 27). Notre vrai David nous dit — comme autrefois David, à Abiathar — : « Demeure avec moi, ne crains point ; ... près de moi tu seras bien gardé » (1 Sam. 22:23).

La foi en exercice nous fera vivre de Christ et près de Christ, nous conduira à réaliser que nous sommes forains et étrangers sur la terre, nous gardera sobres en toutes choses, veillant et priant. C’est alors que nous pourrons résister à Satan, avec la puissance divine qui est à la disposition de la foi.

Nous le réalisons souvent bien mal et c’est ce qui explique tant de chutes douloureuses qui eussent été évitées si le côté de la responsabilité n’avait pas été perdu de vue ! — Nous avons affaire à un ennemi qui est beaucoup plus fort que nous (combien cela devrait nous remplir de crainte et nous amener à nous réfugier sans cesse près du Seigneur !) et c’est le « mauvais jour » (Éph. 6:13), celui pendant lequel, bien que vaincu à la croix, il exerce sa puissance, essayant de nous faire tomber dans ses pièges afin que, par nos chutes, le nom du Seigneur soit déshonoré ! — Dieu veut nous rappeler, encore une fois, par sa Parole, que pour être gardés, il nous faut demeurer tout près de Lui, attachés au Seigneur de tout notre cœur, marchant dans le chemin où « Dieu lui-même ne découvre que lumière et sainteté », suivant les traces de Celui qui est l’« objet béni de la foi » !

« Gardés par la puissance de Dieu par la foi ».

 

 

Satan, tout le monde en parle... sauf l’Eglise.

Goût de l’étrange et engouement pour les phénomènes dits « paranormaux », succès des salons de la voyance et des magiciens ou marabouts de tout genre prétendant enlever ce que l’on appelle « le mauvais oeil » ou les « sorts », attrait pour les films d’épouvante, attirance morbide manifeste dans tel ou tel groupe de « hard rock », profanations de cimetières et de calvaires commises par des jeunes se réclamant de sectes démoniaques... On a rarement autant parlé de Satan et des forces du mal que en cette fin de millénaire, et ce, jusqu’au seuil de nos églises : il n’est plus rare en effet que les prêtres soient sollicités pour donner de l’eau bénite, bénir un appartement où « il se passe des choses bizarres », ou indiquer l’adresse de l’exorciste !

À des demandes aussi ambiguës, émanant de gens souvent culturellement déstructurés et psychologiquement perturbés, les pasteurs opposent, sinon une franche fin de non-recevoir, du moins une réserve prudente. Quant aux théologiens, ils ne font pas la part belle à Satan dans leurs réflexions (ni « diable » ni « Satan » à l’index thématique du Catéchisme de l’église Catholique !) et les rares prises de position du magistère à son propos ne brillent pas par la nouveauté du langage, quand elles ne manifestent pas un certain embarras [1] !Signalons toutefois l’étude intitulée « Foi chrétienne et démonologie » et recommandée en 1975 par la Congrégation pour la Doctrine de la Foi [2], ainsi que la récente lettre pastorale de la Conférence des évêques de Toscane sur « Magie et démonologie ». Sur le fond, notons que, l’objet de la foi n’étant pas Satan et sa puissance, mais le Christ vainqueur de Satan, du Péché et de la Mort, il est un peu normal [3] que Satan ne fasse pas la « une » des catéchismes parus ces dernières années (pour le Catéchisme pour adultes des évêques de France on se reportera principalement aux n° 128-129, et pour le Catéchisme de l’église Catholique aux n° 394-395, 414, 2851).

Satan, un enjeu philosophique et théologique.
D’où vient le mal ? L’expérience universelle de la souffrance, tant physique que morale, a, depuis la nuit des temps, amené les hommes à se poser la question. Mais alors que la tentation est grande de lui chercher une rationalité par le jeu d’un responsable clairement identifié (soit Dieu, soit l’homme), la figure de Satan surgit dans la Bible comme l’irrationnel absolu, une réalité dont il n’est pas possible de se débarrasser en la mettant simplement au compte de Dieu ou de l’homme !

Contre les cosmogonies gnostiques chargeant les dieux d’une création ontologiquement mauvaise, la Bible affirme la bonté de la création. Dieu n’a pas voulu le mal et, même après le surgissement de celui-ci (l’homme, en effet, n’est pas maudit, mais seulement châtié), il continue de considérer la création comme intrinsèquement bonne, et l’homme doit continuer de la considérer comme telle. Le mal n’appartient pas à la nature des choses, il est un accident. Il ne tient pas à la volonté d’un Dieu pervers. Il est un malheur. C’est dire du coup, puisqu’il n’appartient pas à la nature, qu’il peut être combattu [4].

Et contre l’héritage grec (cf. le mythe de Sisyphe et de Prométhée) et la représentation d’un homme écrasé sous le poids d’une culpabilité et donc condamné à la désespérance, ce tiers énigmatique (ni le dieu ni l’homme) que représente le serpent de la Genèse indique la présence d’un mal dont nous, hommes, n’avons pas à supporter toute la responsabilité [5].

Il se pourraît d’ailleurs que cet enseignement traditionnel de la foi chrétienne puisse trouver quelque appui dans l’expérience commune. Les horreurs quotidiennes que nous révèlent les médias (génocides du Rwanda, du Burundi ou de la Bosnie, sordides trafics et viols d’enfants en Belgique, assassinats de religieux et massacres de milliers de civils en Algérie, terrorismes aveugles semant la terreur et la mort dans des populations civiles innocentes, etc...) atteignent en effet un tel degré d’inhumanité [6] qu’elles semblent donner raison à ceux qui soupçonnent, derrière de telles atrocités, non seulement le vice chez quelques individus particulièrement pervers, mais encore l’action d’un être foncièrement hostile à l’homme... et à Dieu.

Dans les Ecritures, une réalité aux noms divers
Satan, de l’hébreu et du grec satanãs (seulement 50 occurences dans toute la Bible, dont 10 pour le seul prologue du livre de Job et 8 pour le livre de l’Apocalypse) qui signifie « ennemi », « adversaire », « accusateur ». Le terme est tantôt employé avec un article, comme un nom commun désignant l’accusateur public dans un procès (par exemple dans le prologue du livre de Job), tantôt sans article, comme un nom propre (par exemple en 1 Ch 21:1). La suppression de l’article semble d’ailleurs correspondre à une évolution à la fois linguistique et théologique préparant les représentations iconographiques ultérieures auxquelles donnera lieu le Moyen-âge [7]. Adversaire de l’homme, il en est le tentateur (cf. tel le fameux serpent de la Genèse : Ap 20:2), ainsi que le montre bien le récit des tentations de Jésus : Mc 1:13 et plus encore Lc 4. Il cherche à faire échec à l’oeuvre du Christ (Lc 22:3 ; Lc 22:31 ; Ac 5:3 ; 1 Co 7:5 etc...).

Le diable, du grec diabolos (pas plus de 41 emplois dans toute la Bible) a sensiblement le même sens que « satan », terme auquel il est parfois identifié (Ap 12/9 et 20/2). Le mot a en plus la connotation de « médisant » ou « calomniateur » (1 Tm 3:11), celui qui qui sème la zizanie, « celui qui divise » (et donc l’adversaire par excellence du « symbole » de la foi qui réunit les disciples du Christ !).

Il est « homicide et menteur dès l’origine » (Sg 2/24 ; Jn 8:44).

Béelzéboul (cf. Mt 12:22-28) Divinité païenne des Cananéens, qui signifiait « Baal le Prince », mais que les Israélites ont ridiculisé en « Béelzéboub » qui veut dire « Baal des mouches » ! Au temps de Jésus, cette figure était censée être le chef de tous les génies mauvais rôdant autour des hommes. à noter en effet qu’Israël hérite d’un univers culturel dans lequel cohabitent émissaires bénéfiques de la divinité (les anges) et forces maléfiques aussi nombreuses et variées que les maladies et souffrances des hommes (les démons) [8].

Le prince de ce monde (cf. Jn 12:31 ; Jn 16:11). L’expression, chère à St Jean, souligne l’emprise du mal, associée à l’image des ténèbres (Jn 1:4-5 ; Jn 12:35 ; 1 Jn 1:5-7).

Le Malin, le Mauvais, du grec poneiros : Mt 5:37 ; Mt 13:19-38 ; Jn 17:15 ; 1 Jn 5:18] : Discret rappel de la ruse de l’antique serpent [Gn 3:1 ; 2 Co 11:3] et des fils de ce monde [Lc 16:8].

Cette multiplicité de noms - comme l’épisode du possédé de Gérasa (Mc 5:1) qui dit s’appeler « Légion », c’est-à-dire être pluriel - traduit, au temps de Jésus, des croyances non-unifiées au sujet du diable. Lorsqu’il est mis en scène dans l’écriture, le diable apparaît comme un usurpateur, une sorte de parasite de la condition humaine. Même la fameuse scène des tentations de Jésus, en Lc 4, nous laisse sans réponse sur l’identité du diable. Jésus ne s’attarde pas sur cette question, même s’il mentionne explicitement Satan à plusieurs reprises et à des moments décisifs de sa mission (Mt 5:37 ; Mt 6:13 ; Mt 13:19 ; Mt 13:39 ; Lc 22:31 ; Lc 22:53 ; Jn 14:30 ; Jn 16:11) et s’il semble bien le considérer pour autre chose qu’une simple abstraction ou symbolisation du mal multiforme qui atteint l’homme [9]. L’important est ailleurs. C’est de reconnaître l’existence d’un ennemi à combattre (cf. Ep 6:10-12 ; He 12:4). C’est de lui résister, de déjouer ses pièges, de maintenir coûte que coûte le lien à Dieu.

« Pour suivre Jésus-Christ, rejetez-vous Satan qui est l’auteur du péché ? »
Telle est la question traditionnellement posée par le prêtre au moment du baptême d’un petit enfant. On notera que, dans le rituel du baptême des enfants en âge de scolarité, Satan a disparu au profit du « Mal »... excepté dans les notes pastorales où il est identifié à « ce qui fait obstacle à l’avènement du Royaume de Dieu et de l’adhésion au Père des cieux, à son Fils, Jésus Christ et à l’Esprit Saint » (n°87).

Dans le nouveau rituel francophone de l’initiation chrétienne des adultes, Satan n’apparaît comme tel dans aucune des 11 prières proposées en guise de premiers exorcismes, lesquels « montreront aux catéchumènes la véritable condition de la vie spirituelle, le combat entre »la chair et l’esprit« , l’importance du renoncement pour vivre selon les béatitudes du Royaume de Dieu, et la constante nécessité du secours divin ». (n°110). Il n’apparaît vraiment (n°150) qu’avec l’exorcisme que comprend chacun des scrutins du Carême pour les catéchumènes : c’est « le Mauvais » (n°158/1), « le démon » (n°158/2 et 158/3), « le père du mensonge » (n°165/1), « le prince des ténèbres » (n°165/2) ou encore « l’esprit du mal » (n°172/1). Il est enfin nommé dans chacune des trois formules de renonciation qui précède immédiatement le baptême... mais de façon très sobre et avec le langage et les images du Nouveau Testament (ainsi, par exemple, au n°218/3, cette formule : « Renoncez-vous à Satan, votre ennemi, il sème l’ivraie au milieu du bon grain ? »).

On le voit, l’église est au moins aussi discrète sur le diable dans sa pratique baptismale que dans son magistère !

« Ne nous soumets pas à la tentation, mais délivre nous du Mal ! »
Avec ou sans majuscule [10], le mal est là, indubitable, celui que l’homme subit comme celui qu’il commet.

Depuis les nombreuses données de l’écriture jusqu’aux affirmations du pape Paul VI [11] et du Catéchisme de l’église Catholique, en passant par le 4ème concile oecuménique de Latran, l’enseignement chrétien, par sa vigueur à assurer la liberté et la grandeur de l’homme, à mettre en pleine lumière la toute-puissance et la bonté du Créateur, ne trahit pas de faille.

"Il a blâmé dans le passé et il condamnera toujours le laisser-aller trop facile à prétexter quelque sollicitation démoniaque. Il a proscrit la superstition autant que la magie. Il refusa toute capitulation doctrinale devant le fatalisme, toute démission de la liberté devant l’effort. Bien plus, dès qu’on parle d’une intervention diabolique possible, l’église fait toujours place, comme pour le miracle, à l’exigence critique. La réserve et la prudence sont, en effet, requises. Il est facile d’être dupe de l’imagination, de se laisser égarer par des récits inexacts, maladroitement transmis ou abusivement interprétés. Ici donc, comme ailleurs, le discernement doit s’exercer. Et il faut laisser place ouverte à la recherche et à ses résultats.

Néanmoins, fidèles à l’exemple du Christ, l’église estime que l’admonition de l’apôtre saint Pierre à la « sobriété » et à la vigilance est toujours d’actualité (cf. 1 P 5:8)."
(« Foi chrétienne et démonologie » Documentation Catholique n°1681, p.718)

Si la foi nous invite à la vigilance pour résister aux assauts du Mal, elle nous certifie dans le même temps que la puissance de Satan ne peut franchir les frontières que Dieu lui impose. Elle nous assure également que, si le diable est en mesure de tenter, il ne peut nous arracher notre consentement. Surtout la foi ouvre le coeur à la prière... celle que Jésus apprend à ses disciples et qui met à l’oeuvre la puissance de Dieu...

Ainsi donc, plus certaine encore que la juste définition de la figure du mal est, au regard de la foi chrétienne, la victoire du Ressuscité : « nous sommes plus que vainqueurs par Celui qui nous a aimés. Oui, j’en ai l’assurance : ni la mort ni la vie, ni les anges ni les dominations, ni le présent ni l’avenir, ni les puissances, ni les forces des hauteurs ni celles des profondeurs, ni aucune autre créature, rien ne pourra nous séparer de l’amour de Dieu manifesté en Jésus Christ notre Seigneur. » (Rm 8/37-39).